Le Pardon

Durant mon enfance, j’ai connu un proche violent, Etienne[1]. Etienne était violent physiquement mais aussi mentalement. Il parlait sans même réfléchir aux conséquences, ni aux blessures que son comportement causait. Dans le même temps, il encourageait à lire la Bible et nous parlait de Dieu, à toute ma famille. Il m’a, par conséquent, été très difficile de me construire et d’avoir une relation de confiance avec Dieu. Celui-ci a eu énormément de patience avec moi et Il m’a montré petit à petit qui Il est. Il m’a aidé à faire la part entre ce proche et Lui, qui sont complétement et diamétralement opposés. C’est quand j’ai commencé à connaitre véritablement Dieu que j’ai compris que je « devais » aimer Etienne et lui pardonner. Tant que je ne le ferais pas, il y aurait toujours un obstacle dans ma relation avec mon Père.

 

J’avoue que je ne sais pas comment ça s’est fait. Je sais juste qu’Abba m’a aidé à lui pardonner et à l’aimer car je Lui ai demandé.  Ce n’est qu’une fois adulte que j’ai compris pourquoi cette personne agissait ainsi – notamment à cause de blessures jamais guéries. Aujourd’hui, Etienne n’est plus violent physiquement – merci Seigneur ! – mais ça lui arrive d’être toujours aussi blessant dans les paroles. Plusieurs fois, à cause d’elles [des paroles], j’ai voulu couper les ponts. J’avoue que certaines fois, je ne veux pas lui pardonner. Néanmoins, Dieu est miséricordieux envers tous ses enfants et pour garder une relation saine avec Lui, je dois pardonner à ce proche, peu importe l’importance de la blessure. En fait, si je ne pardonne pas, c’est d’abord ma relation avec Dieu qui en souffrirait (et ça, peu importe le pardon à accorder), mais aussi ma relation avec ma famille entière. Cette personne a BESOIN d’être aimée, et c’est aussi ma mission, en tant qu’enfant de Dieu, d’aimer mon prochain. Le fait de comprendre cela m’aide à lui pardonner, aujourd’hui encore, quand il blesse volontairement ou involontairement.

<<  je dois pardonner à ce proche, peu importe l’importance de la blessure. >>

Toutefois, cette relation biaisée dans mon enfance a créé un gros manque d’amour.

Une fois sortie du nid familial, j’étais heureuse de trouver des marques d’attention de la part des hommes – j’ai toujours vécu dans un milieu plutôt masculin. J’étais ouverte, toujours souriante. Je voulais être acceptée et aimée. Certains hommes ont alors profité de ma gentillesse et de ma naïveté, et il y a quelques années, j’ai été violée par quelqu’un que je considérais comme un ami.

Sans vouloir entrer dans les détails, je suis passée par le déni, la culpabilisation, l’acceptation des faits et c’est à cette étape que c’était le plus difficile. On se sent sale, sans valeur, comme un truc à mettre à la poubelle. Je me souviens avoir parfaitement entendu : « Béni-le. Bénis K. (l’homme en question) ». Je n’en avais aucune envie mais je l’ai fait : je l’ai béni, je lui ai pardonné. Au début, je le disais sans conviction aucune, et au fur et à mesure, je le pensais vraiment. C’est lorsque j’ai commencé à le bénir et à lui pardonner que la guérison a commencé. Cependant, ça a été un processus long et douloureux. Certaines blessures intérieures ont mis des années à guérir…

Dans ce cas-là, j’ai pu pardonner tout d’abord et essentiellement grâce à Dieu. Mais pas seulement… Il a aussi placé des gens et des événements qui ont accélérés les choses : j’avais une amie qui m’écoutait sans juger, et je suis allée à une réunion de femmes où l’on a prié pour les abus. Personne ne savait ce qui m’était arrivé mais après cette réunion, c’est comme si des ailes, qui étaient complètement brisées, repoussaient.

Au travers ces différents pardons, Dieu a racheté énormément de choses dans ma vie et Sa grâce a abondé dans ma vie. J’ai aujourd’hui un mari exceptionnel, qui ne m’a jamais forcé ou reproché quoique ce soit. Au contraire, il m’a toujours soutenu et prié avec moi dans les moments les plus difficiles. Sans l’aide de Dieu et les vérités qu’Il a enfoui dans mon cœur à travers ces épreuves, je n’aurai jamais pu revoir K. sans éprouver de colère, et je n’aurai peut-être jamais eu d’enfant, ni ne serais mariée aujourd’hui.

Les enseignements que j’ai reçu à travers ces différentes épreuves m’ont aidé à comprendre l’amour de Dieu pour tous ses enfants et l’importance de pardonner. Pardonner apporte la liberté, la guérison et l’amour pour son prochain.

Par Katharina

[1]Prénom changé pour garder l’identité anonyme

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