DE LA CULTURE DE L’OFFENSE À LA CULTURE DU PARDON

 

Ma génération a parfois tendance à se considérer comme la génération des grands offensés. Un commentaire Facebook sous l’un de nos posts, une remarque d’un ami sur notre tenue, un débat politique lors d’un repas de famille, un tweet d’une célébrité, un reproche de nos parents, … suffit à nous faire partir au quart de tour. Tel un tas de brindilles sèches que la moindre étincelle suffirait à embraser. Il y a deux conséquences directes à ce que j’appelle la « culture de l’offense » dans laquelle nous vivons aujourd’hui. D’une part, nous marchons constamment sur des oeufs, tentant tant bien que mal, d’éviter de faire ou dire quelque chose qui pourrait offenser qui que ce soit. D’autre part, nous nous donnons le droit d’être offensé-e et de le rester quand nous nous sommes sentis attaqués ou blessés, c’est cette attitude que j’ai choisi de traiter dans cet article.

 

Ceux qui me connaissent le savent (et parfois le subissent), j’aime débattre, avoir de longues conversations sur l’actualité politique ou la société en général, donner mon avis et écouter celui des autres. J’aimerais pouvoir vous dire que discuter avec quelqu’un ayant des opinions fondamentalement opposées aux miennes est à chaque fois un moment de partage instructif, où je me remets en question et apprends de l’autre mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Un sujet qui me touche particulièrement est celui des droits de la femme. Il m’est souvent arrivé de me sentir attaquée dans qui je suis et d’être profondément « offensée » par les propos de la personne en face de moi lors d’une discussion autour de cette thématique. Et récemment, Dieu m’a interpellé en me disant : « Ton identité est en moi, ne cherche pas la validation des autres ou de la société. »

 

Mais, en quoi l’identité est-elle liée au fait de se sentir offensé ?  Notre société, en s’éloignant de Dieu et en se détachant de Sa Parole, a vécu une crise identitaire et une crise existentielle. En effet, sans ce sentiment d’appartenance, de filiation, l’être humain tente « d’être quelqu’un », de trouver ailleurs la validation dont il a tellement besoin pour exister… validation qu’il ne peut trouver qu’en Dieu. En effet, sans Dieu dans notre vie, nous perdons ce miroir reflétant la personne que nous sommes. En conséquence, nos amis, notre famille, nos collègues, nos connaissances et tous ceux qui croisent notre chemin deviennent notre miroir : nous attendons

d’eux qu’ils nous renvoient une image de qui l’on est, et laissons alors ces multiples « images », positives ou négatives, nous définir. Dès lors, si nous nous sentons jugés, critiqués par ces mêmes personnes, dans notre personnalité, nos idées ou nos actions, nous nous sentons vite offensés. Par conséquent, nous n’arrivons pas à pardonner ou à passer à autre chose, car nous essayions de combattre les images faussées que nous renvoient ces “miroirs” humains.

 

Tout au long de son ministère, Jésus a été critiqué, moqué, jugé, dévisagé, harcelé par les chefs religieux, les pharisiens, et cela jusqu’à son dernier souffle. En dépit des attaques incessantes contre ce qu’Il faisait, ce qu’Il disait et qui Il était, Jésus a pu accomplir sa mission sur Terre car il connaissait son identité : Il reflétait Son Père. On peut le lire dans Marc 14:60-61 :

« Le souverain sacrificateur l’interrogea de nouveau, et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? Jésus répondit : Je le suis. ».

Je crois que connaître son identité en Dieu c’est venir chercher et trouver qui nous sommes en Lui, plonger notre regard dans ses yeux de Père et ainsi être en possession d’un bouclier capable de nous protéger de toute offense. Jamais Dieu ne nous offense ou nous blesse par l’image qu’Il renvoie de nous. Au contraire, cette image nous renforce, et nous établit :

« (…) nous tous qui, le visage découvert, contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en son image » (2 Corinthiens 3:18).

 

J’aime cette phrase de David A. Bédane qui dit que « Être offensé c’est un choix que l’on fait, ce n’est pas quelque chose qui nous est infligé ou imposé par quelqu’un ou quelque chose. ». Il nous faut donc être proactifs et éviter de nous positionner toujours en victimes. L’écrivaine Chimamanda Ngozi Adochie nous encourage dans cette direction : « La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture. ». En tant que chrétiens, conscients de notre identité de fils et filles de Dieu, nous ne sommes donc pas appelés à subir cette culture de l’offense, mais à la transformer en culture du pardon, à apprendre à pardonner à ceux qui nous ont offensés (Matthieu 6:12). Si l’on considère qu’« être offensé est un choix », « pardonner en est un aussi ». Jésus, sur la croix, a crié à Dieu : « (…) pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. ». Accusé injustement, humilié, soumis à la souffrance et mis à mort pour nos pêchés, Jésus avait, à nos yeux humains, toutes les raisons de faire le choix d’être offensé, mais il a choisi le chemin du pardon.

 

Par Lisa Zbinden

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